Carrefour sur les rails pour les prochaines années

 

C’était attendu et annoncé depuis des semaines, et sans surprise les annonces d’Alexandre Bompard ont déclenché de vives réactions. C’est donc le 23 janvier dernier, que le boss de Carrefour a dévoilé son plan de restructuration. Avouons-le tout de suite, aucune surprise dans les annonces faites, qui doivent être analysées en rapport avec les difficultés qui s’annoncent et se multiplient pour le leader de la Grande Distribution en France.

Quand le mammouth veut redevenir agile et flexible …

 

Alexandre Bompard voit les choses en grand. Le plan de réduction des coûts est évalué à pas moins de 2 milliards d’euros et ce dès 2020, autant dire demain. Cela ne fait que 7 mois, que M Bompard est arrivé à la tête de Carrefour, mais il semble avoir pris la mesure des travaux à entreprendre. Réduction des couts d’une part et transformation de l’entreprise d’autre part pour pouvoir faire face aux nouvelles formes de commerce de demain.

Carrefour ne va pas se transformer uniquement en France, et l’accord trouvé en Chine avec deux géants du commerce chinois en est la meilleure preuve. Tout au long de sa présentation, M Bompard a multiplié les annonces et les promesses. Il faut que le mastodonte français de la distribution se montre plus flexible en ces temps de changement.

 

Des coupes difficiles à admettre pour les salariés

 

Alexandre Bompard s’en est pris aux sièges du groupe, qui se multiplient, rendant la gouvernance difficile. Il a cité en exemple la validation d’un catalogue, qui exige, à l’heure actuelle, pas moins de 27 étapes. C’en est trop pour Mr Bompard, qui a décidé de trancher dans le vif, et cela passera par une réduction des employés du groupe.

2400 départs volontaires sont donc concernés sur les 10.500 salariés du siège (pour rappel, Carrefour emploie plus de 115.000 personnes en France). Pour accompagner cette restructuration, le président de Carrefour a également souligné les efforts en termes de massification des achats afin de gagner en productivité.

Mais les coupes ne s’arrêtent pas là, et Carrefour envisage (sérieusement ??) de se séparer des 273 magasins de l’enseigne de hard discount Dia, que le distributeur avait acheté en 2014. L’histoire Dia Carrefour mériterait à elle seule d’être réécrite ….

Si Alexandre Bompard croit toujours en la valeur de l’hypermarché (« L’hypermarché recèle toujours une grande valeur »), il valide néanmoins la décision de son prédécesseur de faire passer 5 hypers en location gérance, ouvrant la voie de la …franchise. Le mot n’est pas lâché, mais tout le monde le pressent désormais.

Si le groupe n’envisage pas la fermeture d’hypermarchés, le président a néanmoins annoncé la réduction de la surface totale du groupe, une baisse de 5 % d’ici 2020 soit une diminution de 100 000 m2 quand même.

 Une restructuration salvatrice pour le groupe Carrefour ?

 

On ne s’étendra pas sur l’annonce faite d’arrêter la multiplication des projets à tout va. Ainsi, l’enseigne Bon App sera stoppée dans son développement pour le moment, et la direction du groupe devrait revoir sa copie. Pas moins de deux milliards d’euros seront consacrés aux investissements, même si le président du groupe a souligné que ce niveau correspond à la moyenne de ce qui se faisait déjà. Il a beau annoncer des « investissements plus sélectifs » , on peut légitimement douter des bénéfices de ces derniers.

 

Enfin pour répondre à l’émergence et à la consécration du digital, Carrefour annonce un plan de 2.8 milliards d’euros sur 5 ans, ce qui note un changement de braquet en la matière. La volonté de soigner son image a amené Alexandre Bompard à replacer tous les efforts digitaux de son groupe sous une bannière unique : Carrefour.fr, sur lequel on retrouvera les acquisitions (passées et à venir) du groupe, à commencer par Rue du Commerce. Pour le e-commerce Carrefour espère un chiffre d’affaires de 5 milliards d’euros à un horizon proche : 2022. Mais Carrefour table aussi sur un doublement de sa part de marché (de 10 à 20 %). Pour y parvenir, pas moins de 170 drives seront ouverts en 2018. Mr Bompard le martèle, le digital et l’omnicanal feront partie des clés de la réusite à venir : « Nous allons réorienter massivement nos investissements marketing pour passer de 8% sur le digital aujourd’hui à 50% en 2022 »

Le groupe croit aussi au succès du commerce de proximité, en annonçant sur le sujet plus de 2.000 ouvertures dans les 5 ans à venir.

 

On le comprend, Alexandre Bompard aura mis à profit ces mois de présidence pour analyser et détailler la situation du groupe. Ses annonces ont d’ores et déjà séduit les investisseurs alors que le personnel du groupe est bien moins réceptif à ses annonces. Alors le pari sera-t-il réussi ? Il faudra attendre au moins deux ans avant de pouvoir commencer à juger des résultats, même si désormais le temps de l’action est arrivé pour Carrefour.

Et vous, jugez-vous ce plan à la hauteur des enjeux pour le premier distributeur français ?

Vous aimerez aussi...

2 réponses

  1. mars 20, 2018

    […] au plan de transformation annoncé par Alexandre Bompard il y a quelques semaines) justifient la rigueur des mesures prises par la direction de Carrefour, et cela peut apparaître comme prêtant à sourire. En 2017, le Résultat Opérationnel Courant de […]

  2. avril 17, 2018

    […] directs de la grève sur ses résultats, le distributeur s’efforce néanmoins de souligner que le plan de restructuration se traduit déjà sur le terrain par de nombreux chantiers, une manière de rester positif dans un […]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *