La disparition des caissières, une tendance ou une crainte irraisonnée ?

 

On en parle depuis longtemps, mais c’est désormais une réalité qui prend forme : les supermarchés sans caissière. Si Amazon a remis ce projet au goût du jour avec son point de vente Amazon Go, tous les distributeurs sont engagés dans cette course aux nouvelles formes de supermarchés.

Ne doit-on pas aussi rapprocher ces projets, qui n’ont plus rien à voir avec la science fiction, et l’actuelle restructuration des grands groupes de distribution ? En d’autres termes, lorsque Carrefour annonce plus de 2.000 suppressions de postes, combien sont liées à la suppression des caisses et donc des caissières ?

 

La suppression des caisses, l’inéluctable disparition des caissières

Car si la suppression des caisses implique de faire « travailler » le consommateur, que nous sommes tous, elle implique aussi de voir disparaitre les caissières de nos supermarchés et de nos hypermarchés. Est-ce réellement ce que le grand public recherche ? Rien n’est moins sûr.

On n’échappera pas à l’automatisation des tâches, qui reste la grande tendance du moment dans la Grande Distribution comme dans bien d’autres secteurs d’activités. Et quand l’automatisation répond à une recherche permanente des citoyens, cela semble devoir faire sens. Gagner du temps, ne plus en perdre, voilà le leitmotiv des consommateurs, et en supprimant la corvée de l’ »attente en caisse », les distributeurs ont cru tenir le bon filon.

Si cette satisfaction du client permet aux hypermarchés de faire en plus des économies sur les frais de personnel, que demander de plus. Certains syndicats sont même encore plus opposés à cette automatisation généralisée, en soulignant qu’en 10 ans, ce sont 10 % des effectifs des caissières (et caissiers) qui ont disparus. A ce rythme-là, le métier de caissière va vite devenir un emploi rare et menacé.

 

Vers un durcissement du discours à l’égard des caissières et des caissiers

 

Pourtant, souvenez-vous. Lors de l’apparition des premières caisses automatiques, tous les distributeurs s’étaient engagés à ne pas supprimer d’emplois, voulant ainsi rassurer les clientes. Et dans les faits, chaque entreprise a réussi à composer avec les départs en retraite ou le turn-over important dans le monde de la Grande Distribution.

Mais maintenant qu’Amazon et d’autres viennent empiéter sur leurs plates-bandes, l’attitude vis-à-vis des caissières pourrait se durcir. Il n’est pas exclu, que les distributeurs accélèrent la suppression des caisses traditionnelles. Qu’adviendra-t-il des caissières et des caissiers, qui seront remplacés ? On parle de formation, de reclassement, même si on se doute bien que l’intérêt des hypermarchés n’est pas d’investir dans une nouvelle technologie sans amortir ces dépenses importantes. La question se pose aussi pour les métiers de caissières et de caissiers dans les années à venir ? Il sera toujours possible (et moins visible) de réduire l’embauche de ces chevilles indispensables des points de vente.  Alors, les distributeurs s’efforcent de rassurer, en soulignant que la formation permettra aux anciennes caissières de sortir d’un métier dur et pénible.

Les caisses automatiques en Grande Distribution

Les hôtesses de caisse, des futures hôtesses d’accueil !

Rentabilité et productivité, ces deux guides de la transformation de nos hypermarchés ne jouent pas en faveur des caissières, même si de récentes études tendent à démontrer que les caisses automatiques ne sont pas forcément plus rapides qu’une caisse traditionnelle. La source de stress, provoqué par cette menace directe sur leurs emplois, concerne aussi bien les caissières que les consommateurs.

On ne cesse de louer le retour de la proximité d’un côté, en promettant un point de vente sans caissières. Le paradoxe est à son comble, et les consommateurs sont divisés sur le sujet. La relation humaine est-elle indispensable à la mission de vente ? Ou doit-on se diriger vers une mission d’accueil et de conseils ? Une caisse automatique, sans contact avec un « employé de l’hypermarché », peut aussi être source de conflits, que ce soit à la suite d’une panne technique ou d’un contrôle opéré par une caissière reconvertie (pas sûr au passage, que la caissière soit entièrement d’accord avec sa nouvelle mission).

 

Aujourd’hui, les hypermarchés ne peuvent que constater que les caisses automatiques divisent. Certains clients ne pourraient plus s’en passer, alors que d’autres se montrent plus que réticents à céder aux sirènes de la rapidité. Bien des questions restent posées donc, et on ne sait pas vraiment ce que l’avenir nous réservera….Mais une chose est sure, 2018 devrait voir arriver de nouveaux tests et de nouvelles expériences….

Alors, préférez-vous continuer à pouvoir discuter avec votre caissière, ou la promesse d’un point de vente sans contact humain vous fait-il rêver ?

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