Grande distribution et ouverture dominicale ?

Après avoir montré les dents face à l’augmentation de la taxe, qu’ils supportent, les acteurs majeurs de la Grande Distribution entrent, une fois de plus, en guerre contre le gouvernement. En effet, Georges Plassat, le patron de Carrefour, a ouvert le bal mais tous les patrons des grands groupes de distribution se sont empressés de s’élever contre une mesure phare de la loi Macron : l’ouverture dominicale.

Pour rappel, le projet de loi vise à permettre aux magasins d’ouvrir 12 dimanches par an (au lieu de 5 actuellement) et de rendre les dérogations plus flexibles. Certains auraient pu croire que Leclerc, Casino ou Hyper U se seraient jetés dans la brèche. Mais non, la Grande Distribution n’est pas franchement disposée à accepter cet assouplissement des règles. Pourquoi ?

Une consommation identique

Commercialisant une large offre alimentaire, les hypermarchés savent que l’alimentation ne dépend pas de l’ouverture dominicale. Qui peut croire qu’en ouvrant un jour de plus par semaine, les supermarchés et autres hypers verraient une envolée des ventes de chocolat ou de pâtes. 3 repas par jour et 7 jours par semaine, donc en ce qui concerne le chiffre d’affaires, on pourrait plus parler d’un lissage (sur la semaine) que d’une véritable croissance.

A l’inverse, une ouverture dominicale contraint le magasin à supporter tous les frais fixes. Le nettoyage, le gardiennage, les heures travaillées, le chauffage, l’électricité,… Cette hausse inéluctable des charges pèseraient alors sur les marges des distributeurs, déjà mis à mal par la guerre des prix qui fait rage dans le secteur. (Comme quoi, on peut aussi légitimement s’interroger sur la guerre des prix finalement défavorables aux consommateurs).Des frais en hausse

Un format abandonné ?

Un autre problème vient encore se grever à ces oppositions. En effet, cela fait maintenant plusieurs années, que la distribution privilégie le format de proximité. Casino, Carrefour,… multiplient les commerces de quartier ou de centre-ville. Ceux-ci réussissent encore à tirer leur épingle du jeu, puisqu’ils sont la seule réponse aux besoins des consommateurs les dimanches et autres jours fériés. Si les centres des villes et les quartiers sont désertés en fin de semaine pour aller grossir l’affluence des hypermarchés, il est évident que les géants du secteur n’apprécieront pas voir un secteur rentable et en plein boom (la proximité) se faire attaquer par un modèle à bout de souffle (baisse de la marge brute des hypermarchés dans leur ensemble).

Ne pas entrer dans une course folle

Enfin et ce n’est pas le moindre des reproches. La Grande Distribution, toutes les enseignes confondues, ne souhaite pas mettre le doigt dans l’engrenage. Car si une enseigne décide de s’engouffrer dans cette voie (en ouvrant ses hypermarchés) tous les autres seront contraints de suivre (pour ne pas perdre de part de marché). Alors après les dimanches, les jours fériés seront très vite mis en avant, puis l’ouverture tardive voire même nocturne.

On risque donc bien de voir se durcir les relations (déjà moroses) entre Grande Distribution et autorités administratives ces prochaines semaines.

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