Le premier Ministre s’invite dans les négociations entre Grande Distribution et Industriels

Chaque année, les négociations entre la Grande Distribution et les industriels font l’objet de tous les fantasmes et de tous les délires possibles. Cette année, la tournure des interrogations, suscitées par ces négociations, prend une nouvelle dimension, puisque le premier ministre, Manuel Valls, a décidé de s’en mêler. C’est sur fond de crise agricole, que ces négociations (les industriels dénoncent le terme même, en expliquant que les décisions sont imposées par les hypermarchés et les distributeurs) vont se clôturer.

 

La distribution en quête de marge ?

 

Les arguments de chacun sont bien connus. On pointe du doigt la distribution, qui exigerait des industriels des prix toujours moins chers. Les industriels, quant à eux, auraient déjà du mal à se défendre et souhaiteraient voire ces baisses de prix, supportées par leurs propres fournisseurs et donc les agriculteurs.

Dans ce contexte, alors que la tentative du gouvernement d’imposer un prix plancher pour la viande de porc ne peut pas être qualifiée de succès au cours de l’été 2015, les pressions exercées par les acteurs de la Grande Distribution apparaissent comme intolérables aux yeux du Gouvernement. (On peut légitimement se demander, si le même gouvernement ne se serait pas insurgé contre une hausse généralisée des prix dans la Grande Distribution).

 

Quand le Premier Ministre aimerait conseiller les distributeurs

Premier Ministre

Ce matin donc, les distributeurs sont « invités » / « convoqués ». Bien évidemment, personne ne connait encore la teneur exacte du discours du Premier Ministre mais le message lui reste très clair : ne pas pressuriser les industriels, qui, à leur tour, se retourneront contre les agriculteurs. Sauf que les hypermarchés permettent aussi au gouvernement de s’assurer une relative « paix sociale ». Il est bon de voir les prix stagner voire régresser lorsque la crise continue de frapper durement le pays.

Et Manuel Valls n’est pas dupe non plus quant au rôle social de la Grande Distribution avec ses emplois (directs ou indirects). La marge de manœuvre est donc ténue voire même inexistante. Plus une position de principe, qui permettra au gouvernement de marquer sa volonté de protéger les agriculteurs sans pour autant pointer du doigt un des secteurs de l’économie, qui embauche encore.

 

Nous vous tiendrons informés des résultats de cet entretien -nous ne savons plus comment l’appeler) mais nous pouvons déjà vous prédire que les négociations 2017 feront encore l’objet de toutes les critiques de la part des politiques. Non pas que ces négociations de l’année prochaine seront plus dures ou ardues, mais simplement qu’il conviendra pour les hommes politiques de se montrer à quelques semaines des élections présidentielles….

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