Lorsque Lactalis joue des coudes

L’APETIT DE LACTALIS

LACTALIS a bâti son développement sur la croissance externe, et l’un de ses grands atouts réside dans sa parfaite  intégration des nouvelles acquisitions. Ainsi, une étude d’Euromonitor indique que 17.1% de la croissance de chiffre d’affaires entre 2005 et 2009 serait due à cette boulimie d’acquisition. Aussi, après son échec à reprendre 50 % du capital de YOPLAIT (SODIAAL ayant préféré son franchisé américain GENERALS MILLS), LACTALIS ambitionnait de  devenir le premier actionnaire du géant laitier italien, PARMALAT, en rachetant les parts détenus par divers fonds d’Investissement[1][1].  avec 29 % du capital. Aussi, la société s’est-elle décidée, en mars dernier, à racheter les parts détenus par divers fonds d’investissement.  4ème groupe mondial en ce qui concerne la production de produits laitiers (2.5 % du marché. C.A. 2010 : 9.4 milliards d’euros), l’entreprise de LAVAL  se situe juste derrière l’américain Kraftfoods (2.9%), mais loin derrière les leaders français DANONE (5.3 %) et le suisse NESTLE (3.8 %). Le numéro 4 mondial lorgne donc sur le numéro 9, PARMALAT (4.3 milliards d’euros. 1.9 % du marché mondial).

Sans lancer d’Offre Publique d’Achat, la société française espérait donc pouvoir prendre le contrôle de PARMALAT, de « manière douce », sachant que si l’O.P.A. s’imposait, LACTALIS, en cas de succès, dépasserait alors DANONE, pouvant même inquiéter le leader mondial, DANONE.

LE NATIONALISME ITALIEN

LACTALIS aurait du marquer sa prise de contrôle, lors de l’Assemblée générale de PARMALAT, prévue mi – Avril,  en nommant l’équipe dirigeante. Redoutant cette hypothèse, le gouvernement italien adopta, le 23 mars, un décret anti – OPA et permit aux entreprises de repousser leur assemblée générale jusque fin juin. L’équipe de Silvio BERLUSCONI s’attela aussitôt à créer un pool d’investisseurs, pour contrer la société lavalloise.  Le 25 mars, la justice italienne diligentait une enquête sur les mystères de cette prise de pouvoir.

Alors que cette union pour garder PARMALAT dans la botte italienne s’éloignait, le groupe de LAVAL présentait son projet de reprise à la commission européenne, qui non seulement s’inquiétait de la situation de monopole et de concurrence, mais s’interrogeait également sur le bienfondé du protectionnisme italien.  La commission avait alors déclaré rendre sa position au plus tard le 14 juin prochain.

Contre toute attente, LACTALIS officialisait, le 26 avril 2011, une offre publique d’achat, qui devrait lui coûter 3.375 milliards d’euros . Contraint de publier le détail de ses comptes (jusque là, la société ne communiquait pas sur le sujet) pour respecter la législation italienne, LACTALIS n’attend pas de prendre le contrôle de PARMALAT avant l’Assemblée générale du groupe italien (La date n’est pas encore arrêtée), et son O.P.A se déroulera du 23 mai au 8 juillet.

LE GROUPE FAMILIAL ENTRE DANS LA COUR DES GRANDS.

Ainsi, les produits PARMALAT s’ajouteraient aux fromages GALBANI, déjà détenus par LACTALIS depuis 2006. En outre, LACTALIS, qui réalise 45 % de son CA sur le territoire national, espère tirer profit de l’implantation du groupe italien sur les marchés d’Amérique latine et du Moyen Orient, d’autant plus que si les ventes de PARMALAT sont en déclin depuis 2006, le groupe réussit à accroitre ses ventes sur les marchés à forte valeur ajoutée (Lait vitaminé pour bébé…), et qu’une mutualisation des moyens permettrait au futur groupe d’accroitre encore les marges.

On suivra de près cette affaire, qui met, encore une fois (après l’opposition de LACTALIS avec les centres LECLERC), LACTALIS sous les feux des médias.

[1][1]  Ainsi, LACTALIS a racheté 15.3 % du capital au fonds SKAGEN, MACKENZIE et ZENIT.

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