Quand la Grande Distribution est accusée de gaspillage alimentaire, …

Décidément, la Grande distribution aura été sous les feux des projecteurs au cours de cet été 2015, comme si chacun voulait régler ses comptes avec les hypermarchés et autres supermarchés. Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, a ainsi affirmé, qu’une réunion serait prochainement organisée avec les acteurs de la distribution en France pour lutter contre le gaspillage alimentaire.

En déclarant « Il est très important de lutter contre le gaspillage alimentaire à un moment où tout le monde n’a pas les moyens de se nourrir correctement. », la Ministre jette le trouble, semblant vouloir s’attaquer (enfin) au problème. En dénonçant la destruction de « stocks alimentaires (…) en mettant de l’eau de javel(… )», Mme Royal désigne, une fois de plus, les hypermarchés et les supermarchés comme les grands responsables de ce gaspillage.

Le gaspillage alimentaire, une gabegie collective, un fautif unique ?

Les réactions n’ont pas manqué, et la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) s’est ainsi émue d’être ainsi désigné comme seul responsable. Bien sûr, que certaines pratiques peuvent être jugées choquantes par les consommateurs, mais la Grande Distribution ne représenterait qu’entre 5 et 10 % du gaspillage total .

Seulement, il est toujours plus facile (et surtout plus populaire) de s’attaquer à ces géants du commerce plutôt que de traiter les principaux responsables. Ces derniers sont pourtant connus depuis que Guillaume Garot, l’ancien ministre chargé de l’Agroalimentaire, ait remis, en avril 2015, un rapport sur le sujet. Ce rapport soulignait que la Grande Distribution « gaspillait » entre 562.000 et 750.000 tonnes par an. C’est déjà en soi énorme, mais cela reste bien en deçà de ce qui a été constaté pour la restauration (1.080.000 tonnes). Enfin, si la Ministre souhaitait vraiment prendre des mesures efficaces, elle s’attaquerait au principal gaspilleur du pays, à savoir les Français eux-mêmes. Ce rapport évaluait ainsi le gaspillage des ménages à une valeur comprise entre 2.212.000 et 6.323.000 tonnes.

Quand la politique fait bon ménage avec la morale

Ne serait-ce pas une réaction de Mme Royal, piquée dans son orgueil ? On est en droit de se poser légitimement la question, lorsque l’on sait que mi-aout, le conseil constitutionnel avait retoqué l’article sur le gaspillage alimentaire, qui figurait dans la loi sur la transition énergétique.

Pas de revanche, assure-t-on du côté du ministère, même si ce refus du conseil constitutionnel avait entraîné une réaction vive de Mme Royal, qui avait prévenu qu’ « elle n’en restera pas là »

Alors, démagogie populiste ou méconnaissance du sujet, nous vous laissons juger sur les volontés de Mme la Ministre, mais vous invitons à nous faire connaître votre avis sur cette question.

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1 réponse

  1. août 29, 2015

    […] vous avons déjà parlé de cet acharnement qui pousse le gouvernement à s’en prendre à la Grande Distribution en ce qui concerne le gaspillage alimentaire. Même si les hypermarchés et autres grandes surfaces […]

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