Scandale William Saurin : fraude, malversation ou escroquerie ?

L’annonce a surpris tout le monde, même si il n’aura pas fallu longtemps pour que certains fassent savoir qu’ils nourrissaient quelques soupçons à l’égard de la société financière Turenne Lafayette. La maison mère de Garbit, Madrange, ou encore de William Saurin aurait donc truqué ses comptes. On ignore, à cette heure-ci, si on doit parler de trucage ou de fraude.

C’est l’entreprise elle-même, qui a, le 14 décembre, annoncé qu’elle procédait à un audit complet suite au décès de la propriétaire Mme Monique Piffaut, décédée à l’âge de 78 ans :

« Les premières constatations laissent apparaître une présentation trompeuse des comptes depuis plusieurs années »

Une surveillance à posteriori ou une fraude machiavélique ?

William Saurin

C’est donc le décès de la 135ème fortune de France (une fortune établie à 380 millions d’euros en 2013 selon Capital) qui a amené le nouveau boss, Eric Le Gouvello, à constater ces « anomalies » (sic !). A en croire une porte parole de M Le Gouvello, « il semblerait que ces tromperies n’avaient pour but que de maintenir le financement du groupe ».

La malversation serait donc écartée y compris par les autorités publiques qui se sont empressés de souligner que  « le groupe arrangeait depuis de longues années ses comptes en fin d’année, en passant des écritures comptables qui étaient soit des fausses facturations, soit des fausses avances sur stock« .

Même si le parquet de Paris a décidé de l’ouverture d’une enquête préliminaire, on peut d’ores et déjà s’étonner que le cabinet d’audit Mazars, dont la réputation n’est plus à faire, ait certifié les comptes de l’entreprise sans rien remarquer. Il est un peu léger pour le cabinet de déclarer avoir « bien constaté des tensions de trésorerie depuis quelques années« .

La crise de l’élevage français, les conditions concurrentielles exacerbées, la course au moindre centime gagné, … les explications ne manquent pas pour ébaucher le début d’une justification. Il n’empêche que si personne n’a rien vu (ou tout du moins, personne ne s’est manifesté), c’est que l’entreprise continuait de s’accroitre au fil des ans.

Avec plus de 3200 emplois et 21 sites, l’entreprise et ses déboires ont contraint le gouvernement à affirmer de son soutien. Le groupe lui-même est ouvert à toutes les possibilités et indique déjà « plusieurs pistes sont envisagées, parmi lesquelles la recherche de nouveaux moyens de financement, y compris au travers de l’ouverture du capital« .

Quelques jours auraient donc permis d’étudier plusieurs pistes, alors que tout le monde a été incapable de déceler quoi que ce soit pendant des années. Décidément, cette histoire n’a pas fini de nous étonner….

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